Le Concorde et le problème de BRUIT !
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Le sentiment français d’un “sabotage américain” du Concorde dans les années 70 vient d’un faisceau d’événements réels, documentés, qui ont été perçus — parfois à juste titre, parfois de manière amplifiée — comme une stratégie américaine pour empêcher le succès du supersonique franco‑britannique.
En bref
Ce sentiment provient principalement de l’interdiction américaine du vol supersonique au-dessus des États‑Unis en 1973, des pressions politiques et environnementales orchestrées contre le Concorde, et du fait que les compagnies américaines ont abandonné leurs options d’achat simultanément, privant le programme de son marché naturel. Ces faits ont été interprétés comme une manœuvre délibérée pour protéger l’industrie aéronautique américaine.
1) L’interdiction de survol supersonique aux États‑Unis (1973)
Le 27 mars 1973, la FAA interdit tout vol supersonique civil au-dessus du territoire américain. Cette décision arrive :
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juste après l’abandon du programme américain SST (Boeing 2707),
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deux mois après que Pan Am, TWA et American Airlines ont simultanément renoncé à leurs options Concorde,
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au moment où Concorde s’apprête à entrer en service.
Pour les Français, cela ressemble à une mesure anti‑Concorde, car elle prive l’appareil de son marché le plus rentable : les liaisons transcontinentales américaines.
2) Une campagne environnementale internationale contre le supersonique
Dès les années 60, des groupes américains — dont l’Anti‑Concorde Project — mènent une campagne massive contre le supersonique, centrée sur :
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le bang sonique,
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le bruit au décollage,
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la consommation de carburant,
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les risques environnementaux.
Cette mobilisation contribue à des interdictions de vol supersonique dans de nombreux pays occidentaux (Suède, Norvège, Pays‑Bas, Allemagne, Suisse, Irlande, Canada, États‑Unis).
Pour les Français, cette coalition internationale semble avoir été initiée et amplifiée par les États‑Unis, qui venaient d’abandonner leur propre avion supersonique.
✈️ 3) Le blocage de Concorde à New York (1976–1977)
Même après l’autorisation fédérale d’atterrir à New York, le Port of New York Authority (PONYA) bloque l’accès du Concorde à JFK pendant plus d’un an, invoquant le bruit.
Il faudra :
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un procès fédéral,
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un appel,
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puis un rejet par la Cour suprême en 1977
... pour que Concorde puisse enfin se poser à New York.
Pour les Français, ce bras de fer judiciaire a renforcé l’idée que les États‑Unis cherchaient à retarder ou empêcher l’exploitation commerciale du supersonique.
4) Le retrait simultané des compagnies américaines
Le 31 janvier 1973, les trois grandes compagnies américaines annulent toutes leurs options Concorde le même jour. Ce geste coordonné a été interprété comme un signal politique plutôt qu’économique.
5) Le contexte industriel : concurrence et protectionnisme
Les États‑Unis avaient :
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abandonné leur propre supersonique SST,
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investi massivement dans le Boeing 707 et les futurs 747,
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un intérêt stratégique à éviter qu’un avion européen devienne le symbole de la suprématie technologique mondiale.
Plus tard, des analyses économiques ont montré que le Concorde était condamné par ses coûts, mais cela n’a pas effacé l’impression d’un “enterrement politique” orchestré par Washington.
Pourquoi ce sentiment persiste-t-il encore aujourd’hui ?
Parce que les faits s’alignent dans une narration cohérente :
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les États‑Unis abandonnent leur supersonique →
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mènent une campagne environnementale contre le supersonique →
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interdisent le vol supersonique sur leur territoire →
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bloquent Concorde à New York →
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les compagnies américaines se retirent →
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Concorde perd son marché naturel.
Même si certains éléments relèvent davantage du contexte politique et environnemental que d’un sabotage intentionnel, l’ensemble a nourri une perception durable.
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