Comment retarder le vieillissement de la mémoire?

Les conseils des experts
Qui n’a jamais eu ce mot sur le bout de la langue, ce nom qui s’échappe au moment de le prononcer ?
Si ces petits oublis sont souvent bénins, ils ravivent une angoisse presque universelle : celle de voir sa mémoire décliner avec l’âge. On s’imagine tout de suite le pire.
Pourtant, cette érosion n’est pas une fatalité.
Comprendre comment fonctionne notre mémoire «
est le premier pas pour mieux la préserver au quotidien.
Contrairement à l’image d’un simple disque dur, notre cerveau abrite non pas une, mais plusieurs mémoires qui collaborent en permanence. Il y a ...
- celle de l’instant, qui nous permet de retenir un numéro de téléphone le temps de le noter
- celle des connaissances, notre encyclopédie personnelle
- celle, plus inconsciente, des gestes appris, comme faire du vélo.
Pour qu’un souvenir s’ancre, trois étapes sont nécessaires :
- l’encodage (l’apprentissage),
- le stockage (la consolidation)
- la restitution, quand on a besoin de piocher dans nos archives mentales.
Si l’un de ces maillons faiblit, l’information peut se perdre en route. C’est une mécanique de haute précision, fragile et fascinante.
Le temps qui passe, un ennemi naturel du cerveau ?
Il faut d’abord tordre le cou à une idée reçue : un trouble de la mémoire n’est pas systématiquement le signe d’une maladie comme Alzheimer. Le cerveau, comme le reste de notre corps, vieillit. C’est un processus normal. Dès 25 ans, notre capital de neurones commence à diminuer, et après 50 ans, le cerveau perd même un peu de sa masse tous les dix ans.
Mais plus que la perte de cellules, c’est surtout la vitesse de transmission de l’information qui ralentit. C’est un peu comme si l’autoroute de l’information devenait une route de campagne : le trafic est plus lent, et parfois, une information disparaît avant même d’avoir atteint sa destination. Voilà qui explique en grande partie les oublis du quotidien.
Tous les souvenirs ne sont pas égaux face au vieillissement
Curieusement, toutes nos mémoires ne logent pas à la même enseigne. La plus touchée est sans doute la mémoire épisodique, celle de nos souvenirs personnels : que mangions-nous hier soir ? Quel film avons-nous vu la semaine dernière ? Ces informations, plus récentes et contextuelles, sont les premières à s’effacer.
En revanche, la mémoire procédurale, celle des gestes, reste remarquablement solide. On n’oublie pas comment faire du vélo ou comment signer son nom. De même, notre bagage de connaissances générales (la mémoire sémantique) résiste plutôt bien aux assauts du temps. Le nom de la capitale de l’Italie reste, même si le souvenir du dernier repas s’estompe.
Les saboteurs silencieux de notre mémoire
Le vieillissement seul n’explique pas tout. Un cocktail de facteurs vient souvent accélérer le déclin. Le passage à la retraite, par exemple, peut entraîner une baisse brutale de la stimulation intellectuelle quotidienne. Le cerveau, moins sollicité, devient plus paresseux.
Ajoutez à cela un sommeil de moins bonne qualité, un isolement social plus marqué ou la prise de certains médicaments (somnifères, anxiolytiques), et la mécanique de la mémoire se grippe encore plus vite. Ces éléments, souvent liés, créent un cercle vicieux qu’il est crucial de briser.
Faire travailler ses neurones : un sport de tous les jours
La bonne nouvelle, c’est que notre cerveau est plastique. On peut le muscler, à tout âge.
- Lire,
- Jouer,
- Apprendre une nouvelle langue
- S’attaquer à un puzzle…
... tout est bon pour créer de nouvelles connexions neuronales et entretenir la machine. La curiosité est le meilleur des carburants.
Et ce qui est bon pour le corps l’est aussi pour l’esprit.
- Une activité physique régulière, même douce comme la marche, oxygène le cerveau.
- Une alimentation saine, riche en oméga-3 (poissons gras, noix),
... lui fournit les nutriments dont il a besoin ...sans oublier un sommeil suffisant, moment clé où le cerveau trie et consolide les souvenirs de la journée.
Le lien social, meilleur rempart contre l'oubli
Au-delà de toutes ces astuces, l’exercice le plus complet reste sans doute le contact humain.
Échanger, débattre, partager des émotions force notre cerveau à rester alerte, à mobiliser ses ressources. S’investir dans une association ou simplement voir ses proches est un puissant rempart contre le déclin cognitif.
En définitive, il ne s’agit pas de nier le vieillissement, mais de l’accompagner intelligemment.
La mémoire n’est pas une relique du passé à conserver sous cloche, mais une faculté vivante qui se cultive au présent.
Et ce travail quotidien, fait de curiosité et d’échanges, est peut-être le secret le mieux gardé d’une tête bien faite, pour longtemps.
Selon la source : passeportsante.net
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