Alzheimer : une récupération du cerveau vient d’être observée
D'ici 2050, près de 140 millions de personnes dans le monde pourraient vivre avec une démence, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Alzheimer, principale affection neurodégénérative, ne touche pas seulement la mémoire et les fonctions cognitives des malades : elle bouleverse aussi profondément la vie de leurs proches.
Pour l'instant, que faire avec les personnes atteintes d'Alzheimer ?
Cliquez ICI.
Jusqu'ici, la recherche s'est surtout concentrée sur des moyens de prévenir ou de freiner la progression des symptômes, car la maladie a été largement considérée comme irréversible. Mais une nouvelle étude, publiée dans Cell Report Medicine, suggère qu'une autre voie centrée sur l'énergie du cerveau pourrait ouvrir la possibilité d'une récupération neurologique complète.
Alzheimer : un cerveau à court d’énergie
Le cerveau humain est un organe énergivore : bien qu'il ne représente qu'environ 2 % du poids du corps, il consomme près de 20 % de l'énergie totale produite par l'organisme. Cette énergie est fournie par une petite molécule indispensable appelée NAD+. Avec l'âge, les niveaux de NAD+ diminuent naturellement, rendant les cellules moins performantes dans leurs fonctions vitales.
L'équipe de l'université Case Western Reserve, des Hôpitaux universitaires et du Centre des anciens combattants de Cleveland a constaté que cette chute énergétique est encore plus prononcée dans les cerveaux atteints de la maladie d'Alzheimer.
Kalyani Chaubey, qui a mené l'étude, explique que « lorsque les cellules cérébrales manquent de NAD+, elles ne parviennent plus à assurer leurs fonctions essentielles ». Peu à peu, les neurones deviennent vulnérables au stress, à l'inflammation et aux dommages oxydatifs.
Le NAD+ est une molécule essentielle qui permet aux cellules du cerveau de produire de l’énergie et de se réparer. L'étude suggère que le rétablissement de l’équilibre du NAD+ pourrait aider le cerveau à retrouver certaines fonctions altérées par la maladie d’Alzheimer.
Restaurer l’équilibre du cerveau : une réparation possible ?
Pour tester leur hypothèse, les chercheurs ont travaillé sur deux modèles murins d'Alzheimer reproduisant les principales formes de la maladie humaine. Ces souris présentaient un déclin cognitif sévère et des lésions cérébrales comparables à celles observées chez les patients.
En administrant un composé expérimental appelé P7C3-A20, conçu pour aider les cellules à maintenir un équilibre énergétique stable sans excès, les résultats ont dépassé les attentes. Non seulement la progression de la maladie a été stoppée, mais les lésions cérébrales se sont atténuées et les fonctions cognitives ont été entièrement restaurées.
« Le plus frappant est que cette récupération a été observée même lorsque la maladie était déjà très avancée, souligne Andrew A. Pieper, auteur principal de l'étude. Le cerveau a montré une capacité de réparation que l'on pensait perdue. »
Les chercheurs ont également observé une normalisation d'un biomarqueur sanguin récemment utilisé chez l'humain, renforçant l'idée d'une véritable récupération biologique et fonctionnelle.
Vers un avenir où Alzheimer ne serait pas une fatalité ?
Ces résultats ne signifient pas qu'un traitement est imminent pour les patients. Les expériences ont été menées chez l'animal, des essais cliniques humains seront indispensables. Mais le changement de perspective est majeur.
Plutôt que de cibler uniquement les protéines toxiques, cette approche s'intéresse à la capacité du cerveau à se maintenir énergétiquement en état de fonctionner. Un peu comme réparer le moteur avant de changer les pièces.
« Le message central est porteur d'espoir, résume Andrew Pieper. Les effets de la maladie d'Alzheimer ne sont peut-être pas définitivement figés. Sous certaines conditions, le cerveau peut retrouver ses capacités. »
Si cette piste se confirme, elle pourrait transformer la recherche sur Alzheimer et, plus largement, sur d'autres maladies neurodégénératives liées au vieillissement, en recentrant l'attention sur un facteur longtemps sous-estimé : l'énergie du cerveau lui-même.
Source: ICI
